
CLAUDE VIALLAT
OCTOBRE 2025
Solo Show
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PARIS
35 AVENUE MATIGNON
75008, FRANCE
Dumas+Limbach a le plaisir de présenter « Claude Viallat, Répéter pour voir », une exposition personnelle dans sa galerie parisienne. Cette exposition sera l'occasion de découvrir certaines des œuvres majeures de l'artiste.
Figure incontournable du mouvement Supports/Surfaces, Claude Viallat est né à Nîmes en 1936. C’est dans cette ville méridionale, baignée de lumière, que se trouve toujours son atelier, et où il continue de travailler. La lumière du Sud et les couleurs de son environnement nourrissent depuis toujours son œuvre. Plus jeune, Viallat ne parvient pas à obtenir son baccalauréat. Son père, désireux qu’il poursuive malgré une dépression nerveuse, l’oriente vers des études d’ingénieur, où il découvre l’aspect artisanal et bricoleur.
À la suite d’un concours, il intègre les Beaux-Arts de Montpellier en 1955. Viallat se dirige alors vers la figuration. En 1959, ses études se retrouvent interrompues par son service militaire. Claude Viallat est envoyé en Algérie jusqu’en 1961. À son retour, il reprend ses études aux Beaux-Arts de Paris, et ce jusqu’en 1963. Cette expérience lui permet de découvrir les galeries parisiennes, où les grands noms de l’art américain se révèlent à lui. Pour n’en citer qu’un : Robert Rauschenberg. Viallat se fascine alors pour l’utilisation de nouveaux médiums, déjà introduits en France par les Nouveaux Réalistes, mais davantage encore par les formats monumentaux, à l’échelle des villes transatlantiques. Les couleurs franches et saturées américaine contrastent avec l’abstraction terne de l’école Française.
Le pattern est un terme indissociable de la production de l’artiste. À son origine, un procédé employé par les peintres en bâtiment dans les pays méditerranéens, qui trempaient une éponge dans un seau de chaux bleue avant de l’appliquer en tampon sur les murs des cuisines. L’artisan n’est jamais bien loin. C’est ainsi qu’à l’été 1966, alors qu’il nettoie son éponge dans de la javel, celle-ci se voit remaniée de façon hasardeuse par le liquide corrosif. Le motif emblématique est né. Autour de lui se fonde alors une véritable iconographie, sérielle, qu’il décline sans relâche depuis plus de soixante ans. De l’ancrage méditerranéen à la question de l’ornement et de la répétition, en passant par celle du matériau modeste ou du hasard convoqué : tout y est.
CLAUDE VIALLAT
2008/275, 2008
Acrylique sur tissus
94 x 100 cm
Cette forme ne propose ni narration, ni centre, ni composition au sens classique. Appliquée au pochoir ou à la brosse, elle rythme la surface tout en laissant le regard du spectateur libre de s’y promener. L’œuvre ne s’impose pas comme image, mais comme surface active, objet concret, où se conjuguent forme, couleur et matière.
Viallat, c’est le couronnement d’une carrière dévouée au même motif. Il explique : « La notion de redites, de séries ou de répétitions devient une nécessité de fait. […] Une toile – pièce – seule n’est rien, c’est le processus – système – qui est important. » Le travail de Viallat est donc à comprendre comme un principe, un concept, qu’il appose uniformément à toute sa production matérielle. Artisan du hasard, Viallat démystifie ici le rôle sacré de l’artiste et de son génie créatif. Le support, la surface, sont les éléments premiers du tableau. L’artiste s’efforce ainsi de les faire parler.
TOMEK SADURSKI
1990/237, 1990
Acrylique sur tissu
130 x 148 cm
Face à une œuvre de Claude Viallat, il n’y a pas d’histoire à lire, pas de sujet à reconnaître, pas de scène à interpréter. L’artiste refuse toute narration, toute psychologie, toute symbolique. Il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de voir. Voir une peinture qui ne prétend rien dire d’autre que ce qu’elle est.
Depuis plus de six décennies, Claude Viallat construit une œuvre d’une remarquable cohérence, sans jamais céder à la répétition stérile ni à la tentation de l’évolution spectaculaire. Ce que certains ont parfois qualifié d’obsession, il l’assume comme une forme de fidélité à une intuition fondatrice. Peindre en toute liberté, affranchir la peinture de ses carcans historiques, explorer les ressources infinies d’un même geste, d’un même motif, sur des supports sans fin renouvelés.
CLAUDE VIALLAT
2020/114, 2020
Acrylique sur bâche
135 x 206 cm
« Une forme entre autre et une forme pour toutes les autres »
Citation de Claude Viallat















